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ACTUALITE

Etat des lieux après repos forcé (sur le temps)


8 mois sans travailler sur la philosophie et encore moins sur Aristote me poussent à faire un état spontané de cette question dans ma tête. Qu'est ce que ça pense (comme disait Lacan) là-dedans avant de se mettre au travail. D'abord, des constats assez étranges sur le temps à la lecture de l'actualité. J'étais resté sur l'analyse probabiliste de G. Bachelard  qui fonctionne en gros comme le GPS avec 3 satellites pour fixer une position (3 évènements co-présents à un instant T permettent de prévoir un évènements à l'état T1 si l'on retrouve les 2 évènements qui l'ont accompagné. et si la distance sémantique n'est pas trop éloignée). En navigation en mer,  on peut également utiliser les amers, c'est-à-dire des repères sur la cote qui , selon la constance empirique des anciens, nous procurent la route à suivre. D'où la question, y aurait-il des amers dans le flux du temps manisfesté. Conceptuellement on obtient donc la question suivante : Comment le temps passe-t-il ? Ce n'est pas la question aristotélicienne qui répond à la problématique substancielle suivante : qu'est-ce que le temps ? Car cette question nous oblige à répondre que le temps est du côté de l'être. Ce n'est pas non plus une question phénoménologique : comment le temps se manifeste-t-il ? Car le temps ne se manifeste en aucune manière. Le commun des mortels dit que la série numérique va de gauche à droite et à l'infini donc le temps va de gauche à droite à l'infini; alors pour avoir un temps circulaire, c'est chouette, il suffit de compter de part et d'autre du zéro (cool les impairs à droite et les pairs à gauche !).  Mais le nombre ne dit pas le comment, comment le temps passe. C'est à cause de la permacence de l'être de la substance physique que l'on avance que le temps passe en 1 fois. Le caractère antitypique de l'être de la subtance est valide pour les substances physiques mais pas pour le temps. En effet, le temps ne semble pas passer en une seule fois. Prenons, un exemple. Une voiture passe, je la vois passer, puis je vois l'arrière de la voiture, puis je la vois s'éloigner. Je ne vais pas dire que la voiture s'est étirée dans cet intervalle et donc que sa substance remplie l'intervalle et que finalement elle ne passe pas, elle ne fait que s'étirer. Pour le temps, je peux le dire. Le temps s'étire autant que l'on maintient qu'il est Un en premier et qu'il grandit selon la quantité. Mais il ne sétire que manifestement. C'est à ce point que nous avons fait mention d'un phénomène mécanique pour analyser les vertus, le phénomène d'hystérésis. Prenons un élastique et étirons le, après plusieurs milliers d'étirements, il finira par remplir  toute l'etendue spatiale de son être. Mais il ne sétire plus, il est usé, oui du coté de l'existence mais pas de l'être. Bref, disons que le temps s'est étiré, une fois étiré, je suis en puissance de le voir en plusieurs endroits, ce qui est impossible pour une substance. Mais c'est par une substance seule que le temps se manifeste pour moi. Dés lors, quand j'analyse une substance je n'ai qu'une partie du temps, et l'on va dire à droite c'est son futur et à gauche c'est son passé... Ok, mais les substances comme celles-là moi je les laisse passer ! Pourquoi, car je sais qu'elles reviendront ! En effet, si vraiment l'on introduit la latéralité numérique ou spatiale, de toute façon la circularité en découlera. C'est pourquoi  Aristote nous confie son désarrois en Physique en avançant que toute substance retourne à son origine (souhaite retrouver son lieu d'origine). Otons donc la latéralité qui soutient l'avant et l'après, on perd le schème du futur et du passé, mais cela ne semble pas avoir d'importance de la même manière que les topiques freudiennes peuvent être remplacées par un modèle atomique. De toute façon il faut être assez équitable, on ne peut pas d'un côté maintenir l'enveloppe spatiale de la substance qui soutient sa propriété d'antitypie à une autre partie de l'espace et refuser l'enveloppe du temps qui soutient le temps objectif chez Aristote. Ces deux enveloppes ont en commun d'avoir 3 dimensions. Certs mais si l'on continue les comparaisons, les choses se compliquent. En effet, il y a deux genres d'espace chez A. le lieu où la substance se trouve et le lieu où elle se meut. Il faudrait donc admettre deux temps, le temps de la substance propre et le temps où elle est en mouvement. Or, Aristote ne dit pas cela, il divise le temps physique en 2, temps universel et temps local, ensuite il analyse le temps humain. On ne trouve pas d'analyse du temps propre de la substance seulement au niveau de l'existence humaine, d'où les confusions répétées d'analyse où le temps de l'existence humaine vient remplacer le temps  propre de la subtance. Le temps propre de la substance pour le Stagirite est le temps mesuré par le temps universel. On a donc une approche quantitative du temps propre dans sa physique. Le temps propre est l'équivalent de la comète en cosmologie. Mais la cohérence aristotélicienne ne peut être prise en défaut. Si Aristote ne parle pas du temps propre en Physique, il en ressort avec un concept qui aura pour tache de le traquer, c'est le concept d'entéléchie. Répétons-le le concept d'entéléchie c'est le nom de l'enquête fabuleuse que va mener Aristote sur le temps propre, sur le concept d'existence lui-même indépendant de l'existence humaine. Sur ce constat, au moins, nous sommes d'accord avec Heidegger.  Mais il nous semble, en revanche, que tant sur cette question que sur l'Ethique, ce dernier n'a pas voulu suivre l'enseignement du Stagirite. En effet, dans quelle partie du corpus trouve-t-on ces analyses ? Dans le corpus éthologique. Que dit Heidegger des animaux tant sur le temps que sur l'éthique ? Rien. Pourquoi donc ne pas lire Aristote jusqu'au bout en appuyant l'Ethique comme le temps sur l'analyse du corpus biologique ?


Au-delà de la mort terrestre, la MER...

Dans le monde maritime, il est souvent fait mention d'une citation étrange qui est rapportée au monde grec:
"Il y a trois types d'hommes : les vivants, les morts et les marins."

Un homme de culture chrétienne se dirait que cette proposition est fort étrange... Il y aurait quelque chose après la mort et ce ne serait pas la renaissance spirituelle des religions, un paradis terrestre, un attentat réussi sur un marché en fleur, la traversée d'un fleuve (qui au demeurant se fait aisément même avec ses sandales...) Non, ce ne serait que la Mer, cet au-delà de l'être terrestre, une altérité si Entière qu'elle ferait découvrir la totalité de ce que je ne suis pas, ma négation propre, ma "mort" pour le dire avec un terme dont la valeur hors du champ biologique demeure incertaine.
En effet, cette idée dont on tire cette citation communément admise :
"Il y a trois types d'hommes : les vivants, les morts et les marins." émerge dans un texte qui traite justement de la mort et des enfers, l'Axiochus, daté de 300 et écrit dans un milieu sous influence épicurienne et longtemps attribué à PLATON en raison de sa structure en dialogue. Ce passage fait état des souffrances humaines et se solde par une condamnation sans appel de la politique par AXIOCHOS  :

"Que veut-il dire ? Mais c’est assez ; je n’en cite pas d’autres. Je te l’ai promis et je ne veux pas être long. Connais-tu un seul homme qui soit content et ne se plaigne pas de l’occupation ou du métier qu’il a choisi ? Allons chez les ouvriers et les forgerons, qui travaillent jour et nuit et gagnent à peine de quoi suffire aux premiers besoins de la vie ? ne se plaignent-ils pas aussi , et ne remplissent-ils pas leurs veilles de larmes et de lamentations ? Nous adresserons-nous au marin qui traverse tant de périls, et, comme dit Bias, n’est ni parmi les morts ni parmi les vivants ? Car l’homme, né pour la terre, s’est jeté à la mer comme un animal amphibie, en se livrant à la merci de la fortune. Mais l’agriculture est plus agréable ? Oui, en apparence ; mais, comme dit le proverbe, toute chose n’a-t-elle pas son mauvais côté ? On se plaint tantôt de la sécheresse, tantôt de la pluie, de l’adustion ou de la rouille, de la chaleur ou du froid. Et la politique si vantée, je passe sous silence bien d’autres carrières, à quels dangers nous expose-t-elle ! Elle a des joies enivrantes et des saillies de bonheur semblables aux accès de la fièvre ; mais ses revers sont cruels et pires que mille morts. Quel plaisir de vivre pour le peuple, tantôt hué, tantôt applaudi, ballotté par la foule, comme un vain jouet, sifflé, puni, tué, regretté ! C’est à toi que je le demande, Axiochus, à toi, homme d’État : où sont morts Miltiade, Thémistocle, Ephialtes, et les dix généraux qui ne sont plus ? Quand ceux-ci furent accusés, je refusai de recueillir les suffrages parce que je trouvais indigne de moi de me joindre à une populace en délire ; mais Théramène ct Callixène, ayant le lendemain corrompu les présidents de l’assemblée, les firent condamner à mort sans jugement. Tu es le seul avec Eriptolème qui ayez pris leur défense dans une assemblée de trente mille hommes."

Un homme qui n'est mi du monde du vivant, ni du monde des morts (pour y être revenu), voilà qui doit chatouiller l'oreille du bon chrétien...Toutes les interprétations seraient possibles si l'auteur ne mentionnait pas sa source qui est le poète BIAS.  Classé parmi les sept sages par les Grecs qui souhaitaient rendre grec tout ce qui avait précédé leur culture (Cf. notre livre pp. 182-183), Bias doit être un des seuls hommes dont HERACLITE aura fait l'éloge (selon Diogène Laerce); et pour cause... il défendait  la culture ionienne. Et c'est du reste au sein de cette culture ionienne que ce proverbe pourrait être clarifié. Contrairement aux Grecs, les Ioniens étaient dévoués à la Mer, les lieux de culte étaient toujours construits au bord de la mer pour cette même raison. Au contraire, les Grecs, terriens d'origine selon SAKERALLIOU, ne s'intéressaient pas à la "mer" dont ils avaient la plus grande peur. Il suffit pour cela de reprendre le champ lexical maritime pour se rendre compte (surtout chez Homère) que les Grecs ne maîtrisaient pas du tout  le monde maritime compte tenu de l'indigence de leur vocable. Ce texte révèle donc sa teneur grecque dans la mesure où l'auteur précise que l'homme est par nature  "né pour la Terre". Voilà qui, on peut le supposer, n'aurait pas pu être soutenu par un Ionien comme BIAS qui, en tant que Ionien, defendait, comme THALES par exemple, que le premier homme était issu du monde maritime.
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Dernières acquisitions de la bibliothèque Villegagnons-plaisance :

- TAVOLA E CONSUETUDINI D'AMALFI. Capitula et ordinationes сuriae
maritimae nobilis civitatis Amalphae quae in vulgari sermone dicuntur. La
Tabula de Amalfa, nес non consuetudines civitatis Amalphae.
In-fol. Neapoli, 1844, 40 p. Publication de M. le prince d'Ardore, avec des notes de
MM. Louis et Scipion Volpicella.  Traduction française en Fac-similé limitée, le seul exemplaire encore disponible dans le monde. €75

TABULA DE AMALFIA


Actualité sur Aristote et le temps présentée à la façon  grecque :


http://www.vrin.fr/html/main.htm?action=loadbook&isbn=271162223

http://www.encre-marine.com/livre/?GCOI=29094100733110&fa=details

http://www.lesbelleslettres.com/livre/?GCOI=22510100557310

http://pups.paris-sorbonne.fr/pages/aff_livre.php?Id=881

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84192492


"L'homme naviguait il y a 130.000 ans"
(Et l'idéologue Sakellariou barbotte toujours !)

AFP: 03/01/2011 

Des recherches archéologiques menées en Crète, dans le sud de la Grèce, ont livré la première preuve au monde que les ancêtres de l'homme ont pris la mer il y a plus de 130.000 ans, a annoncé aujourd'hui le ministère grec de la Culture. A l'issue de deux ans de fouilles autour de la localité de Plakia, dans le sud de l'île de Crète, une équipe gréco-américaine a mis au jour des pierres taillées paléolithiques, remontant de 700.000 à 130.000 ans, a indiqué le ministère dans un communiqué.

Ces trouvailles, qui attestent pour la première fois d'une installation d'hominidés sur l'île avant le néolithique (7.000 - 3.000 ans avant JC), apportent aussi "la plus ancienne preuve de navigation au monde", selon le communiqué. Les outils, des "haches", ont été trouvés près de vestiges de "plate-formes marines remontant à au moins 130.000 ans (...) ce qui apporte la preuve de voyages marins en Méditerranée des dizaines de milliers d'années plus tôt que ce que nos connaissances établissaient jusque là", a relevé le ministère. 

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Ces découvertes, faites près de la très touristique plage de Prévéli, "modifient aussi l'estimation des capacités cognitives des premières espèces humaines", les outils retrouvés renvoyant à des populations d'"homo erectus et homo heidelbergensis", ajoute le communiqué. Selon leurs directeurs, l'américain Thomas Strasser et la grecque Eléni Panagopoulou, ces fouilles jettent une nouvelle lumière sur l'histoire "de la colonisation de l'Europe par des hominidés venus d'Afrique", jusque-là considérée comme s'étant faite à pied.

"L'approche d'un peuplement de l'Europe seulement par la terre doit clairement être repensée (...) il y a peut-être eu des routes maritimes empruntées par des navigateurs sur de longues distances" écrivent ces chercheurs dans un article publié par Hespéria, le bulletin de l'Ecole américaine d'archéologie d'Athènes (consultable sur le site www.ascsa.edu.gr).  Ils relèvent par contre ne pas pouvoir en l'état déterminer d'où venaient les hôtes paléolithiques de Crète, "une origine africaine ou proche orientale étant aussi probable qu'une provenance d'Anatolie ou de Grèce continentale".



Le bateau du capitaine Eudémos d'Olympus ou la représentation du 1er caïque ?

Eudemos  Olympos

Datée du II ème après J.-C., cette représentation de navire se retrouve à Olympos en Lycie. Il s'agit du sarcophage d'un capitaine grec arrivé dans ce port magnifique, bien à l'abri du meltem. Sur celui-ci un poète fait dire à Eudémos d'Olympus ceci : "le bateau est entré dans le dernier port et a jeté l'ancre, pour ne plus en sortir."  De quel type de navire s'agit-il ? En fait, il ne s'agit pas d'un caïque mais d'un bateau de type "tyrhandil" pour les Turcs ou "trechenderi" pour les Grecs. Pour se rapprocher des appellations plus modernes, on parlerait de "cotre". Le cotre de type tyrhandil est considéré comme le plus ancien de toute la mer Egée.  A la différence du caïque, il posséde une caréne en "V" et un "tail" pointu. Dans cette réprésentation, il n'y a pas de gréement. On considère qu'un tirhandil pouvait avoir un ou deux mats, ce qui est douteux. Compte tenu des propriétés de la coque, il ne devait avoir qu'un seul mat, comme nos cotres actuels. La mature est toujours en rapport avec la coque d'un navire. Ainsi, si le caique (gulet) possède 2 mats, le deuxième mat avait pour fonction de porter la charge arrière qui était dans la cale. Les caïques étaient donc des bateaux traditionnels gréés en goélette; c'est ce type de gréement, par métonymie, qui a autorisé une appelation de "goélettes". Lorsque ces derniers ont perdu leur fonction de "travail" ou de "charge", n'ayant plus rien à transporter de lourd, le gréement en ketch s'est imposé, comme sur les voiliers modernes. C'est pourquoi la figure de la métonymie montre désormais sa caducité puisque le caïque moderne est devenu un ketch qui n'est plus une goélette car il est désormais toujours gréé en ketch.

Nous ne savons plus aujourd'hui si l'étymologie du terme "goélettes" provient du grec 'gauloi". En effet, si le terme anglo-saxon "gulet" (équivalent du "caïque" français) provient du grec "gauloi", "gaulos" au singulier, nous autres Gaulois, avons perdu les racines de notre terme "goélette". Le CNRT donne une définition où l'on constate une confusion entre la marque matérielle et la marque formelle, comme le disait de Saussure ("Goélette" proviendrait du substantif "goéland" ! )
. Plus sérieusement, à propos du terme de "ketch", on peut lire : "Le ketch est un petit bâtiment à un pont, qui est mâté en fourche [...] Les François l'appellent caiche ou quaiche". En 1761, les français connaissaient déjà le terme de "caiche" qu'ils tentaient de rapprocher du "ketch" anglais qu'ils ne connaissaient pas, même si le type de bateau était le même... Quant au terme "goélette", si l'on ne le rapproche pas du "gulet" anglo-saxon, son étymologie demeurera obscure. Bref, on sait donc seulement que c'est ainsi que les Grecs nommaient les bateaux turcs (gauloi = gulets) avant d'en construire eux-mêmes sur ce modèle... Néanmoins, le gulet (caique) est bien postérieur au tirhandil. 
Quant à l'origine de cette forme de coque, on en retrouve également à Malte où l'on admet une origine "phénicienne". L'énorme safran à l'arrière du "tirhandil" maltais est considéré comme une marque fiable d'une origine phénicienne. On peut, du reste, comparer le bateau du sarcophage d'Olympos avec celui retrouvé, à une époque inférieure (Ier av. J.-C.), sur un sarcophage de Sidon en Phénicie :

navire phénicien

On a alors davantage de renseignements sur le gréement. Il n'y a bien qu'un seul mat comportant une voile carrée. Mais à l'avant on constate la présence d'un "martereau", c'est-à-dire de ce qui serait l'équivalent aujourd'hui d'une sorte de tangon. Cette petite voile à l'avant ne servait pas à la propulsion mais au changement de cap, afin de virer de bord. C'est peut être pour cette raison que l'on a considéré qu'un tirhandil pouvait avoir 2 mats.On peut constater aussi la présence de rames latérales.
Ni Turc, ni Grec, le tirhandil serait donc d'origine phénicienne; on considérera donc que le tirhandil est d'origine messénienne.


 Vient de paraître chez Hermann

Un grand critique d'ARISTOTE :
HASDAI CRESCAS
Lumière de l'Eternel

ISBN : 9782705670399

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Connu en France grâce aux travaux de Tony LEVI, du CNRS qui en a fait le sujet de sa thèse de doctorat; voilà la première traduction française de l'oeuvre majeure d'Hasdaï CRESCAS. Lumière de l’Éternel est le dernier ouvrage de Crescas. Il s’agit d’une œuvre majeure, synthèse magistrale de la philosophie juive espagnole. Héritier des courants les plus divers, Lumière de l’Éternel témoigne de la longue confrontontation qui s’est nouée, dans l’Espagne médiévale, entre Torah et philosophie. Crescas y discute et y réfute, pour la première fois dans l’histoire, les principaux éléments de la physique aristotélicienne. Sa pensée présage en cela les futures révolutions scientifiques de la Renaissance.  Au-delà des questions physiques et métaphysiques, "Lumière de l’Éternel" est, aux côtés du "Livre des principes" de Joseph Albo (lui-même élève de Crescas), l’une des tentatives les plus abouties pour questionner la dogmatique du judaïsme, à travers notamment des réflexions sur la nature de la foi et les croyances cardinales véhiculées par la Bible et le Talmud. Décider des doctrines judaïques est, en effet, son objet principal. C’est cet objet qui l’a  conduit à sillonner les mondes de l’aristotélisme médiéval, des commentateurs juifs et arabes, des décisionnaires rabbiniques, du Talmud et du Midrach, et enfin des hérétiques juifs.  Célèbre en son temps, cette œuvre disparut de la scène du monde après avec l’expulsion des juifs d’Espagne. Sa critique d’Aristote valut toutefois à Crescas une reconnaissance internationale tardive : ce n’est qu’au début du XXème siècle, à travers le travail de Wolfson que les textes de Crescas connurent un regain d’intérêt. Cela explique sans doute pourquoi ce livre fondamental resta aussi longtemps sans être traduit en français.



L'épuisement du temps dans les démocraties : bricolages...


C'est peu dire que les démocraties sont dévoreuses de temps. Au lieu de perdre son temps dans la mystique gnostique de l'environnement : est-ce qu'il y aura des poissons dans 200 ans ? des canards dans 1000 ans ? ou des trucs à quatre pattes, comme dans les cultes, dans 6 000 ans ? (C'est con quand même, qu'en raison du principe que le même tende vers le même, que les Grecs aient sacrifiés des trucs à 4 pattes vivants pour trouver un truc à 4 pattes !). Cette question est secondaire et Hans Jonas peut bien retourner à ses "vieilles Lunes"...
Il faudrait mieux s'interroger si on aura assez de temps jusqu'à ces dates qui, à l'échelle humaine, sont assez éloignées. Les Etats-Unis ont puisé dans le protestantisme un temps qu'ils ont épuisé, croyant, à la manière des méthodistes, que l'intant était un puit sans fond. Seulement, après la création de l'Etat d'Israel, il se sont retrouvés, gros-Jean comme devant... Suivant l'axiome protestant, que "le temps c'est de l'argent", ils donnent de rondelettes sommes d'argent à cet état, afin de conserver la tête hors de l'eau. Des mathématiciens médiévaux disaient que finalement à quattre pattes, on pouvait jouer à saute moutons. C'est tout ce que j'espère pour les israéliens afin de sauter par-dessus ce mur de la honte; car des colonies, cela ne ressemble pas à des tapis volants. La révolution française de la laïcité, c'était ce coup de génie conceptuel qui consistait à avancer que le temps de notre démocratie n'était plus appuyé sur le temps religieux. Que tous les savants de notre pays devaient se mettre à travailler afin de construire et de solidifier notre monde. Mais les chercheurs français contemporains n'ont aucune conscience de leur devoir. Bien que payés par l'Etat, ils se renferment dans des recherches nombrilistes ou le moi supplante la cause commune. Bref, à cause du manque de déontologie de nos chercheurs, il semble bien que notre laïcité soit menacée. Plus aucune vision du monde ne la soutient. Pire, l'Etat lui-même, actuellement squatté par une horde de voyoux, sappe tous les fondements de notre édifice théorique. La recherche est delaissée, le savoir conspué, le temps est l'ennemi de ces carrieristes. En témoigne en politique l'usage du terme de "kairos", qui signifie, en gros, "on s'en fou du temps, prenons notre poste maintenant! Et après moi le déluge !" Il n'y a jamais d'après pour ces carriéristes. Nous verrons bientôt se repandre une haine du temps, ce temps qui soutient notre monde, qui soutient la laïcité, peut-être parce que finalement toute révolution est circulaire et que le cycle de Méton de nos Etats ne fait plus 19 ans mais 19 mois...



Problèmes au sujet des mouvements


Echec de la reprise de la thèse de Gérard Naddaf, perte de 1 mois de travail. En effet, le modèle aristotélicien s'y oppose, l'articulation de la Lune ne peut être analogique, elle scinde deux mondes qui empêche toute analogie. Il est donc obvie qu'il y a deux types quantitatifs de mouvements chez Aristote qui peuvent être qualifiés ensuite qualitativement de linéaires et circulaires. Le premier mouvement rend compte de l'existence des mobiles "en mouvement" par contact, comme l'expose la Physique, le second de l'être des mobiles qui se meuvent sans contact ou "automoteurs"; ce qu'expose de De anima. Tout l'objet de la Physique sera de synchroniser ces deux mouvements par l'intermédiaire dans non-mouvement.

- MVT avec CONTACT = Circulaire ou linéaire
Critère existentiel : COULEUR
- MVT sans CONTACT = Circulaire ou linéaire
Critère phénoménal : SANS COULEUR dit "BLANC" dans la littérature


4 mouvements, cela suffit pour l'idéal logique afin de produire un Monde...

REMARQUE SUR LE MOUVEMENT AUTOMOBILE :
Une droite (avant Euclide) c'est une unité prise au sein d'un mouvement qui va toujours à droite, mais elle peut aller également à gauche ou à droite et à gauche en même temps, dans ce cas nous avons un mouvement circulaire,  dans deux directions simultanées, avec la même puissance.  On doit absolument s'interroger sur l'être du cercle, si ce dernier existe vraiment, on peut douter qu'il est. Pourquoi ? Car souvent on rajoute un mouvement sur un cercle, ce qui est naif. Par exemple, la théorie du syllogisme (appuyée sur la transivité logique) qui pose un triangle dans un cercle avec 3 sommets (A,B,C), si on ne rajoute pas la linéarité du signifiant, cela ne fonctionne pas. Il faut que le trajet sur le cercle parte de A afin de se diriger vers B et alors le mouvement  ne peut s'arrêter à cause de la limite de la figure du  triangle et on en conclut que :
A = B et B = C alors A = C. (s'il y a du temps ? Non ? , Si, si...)
Tout au plus, cela est un jumement d'existence de ce que l'on sait déjà (Idem J. Barnes)... En effet, si c'est un cercle avec ses propriétés substancielles, alors A se dirige vers B et C simultanément, donc on sait qu'il arrivera en même temps à B et C (si c'est un triangle équilatéral), le segment [C,B] indique seulement le temps de ce mouvement. S'il n'y a pas de temps alors nous avons un point, c'est-à-dire que A, B et C sont confondus. Ce n'est pas DIEU qui bouge le compas, c'est un homme doté d'une main et de son temps propre, sa mesure est donc toujours relative à son temps propre.



Reprise  du commentaire du traité du temps
(ARISTOTE, Physique , IV, 10-14)

Après avoir passé 3 mois en 1999, dans le cadre d'un travail au C.N.R.S, sur la catégorie de la quantité dans le traité du temps;
Après avoir consacré 3 mois à temps plein en 2001, dans le cadre de notre thèse de doctorat ( 2 mois de préparation et 1 mois 10 heures par jour);
Nous reprenons, pour la dernière fois, notre commentaire à la lumière de la physique telle qu'elle était pensée par les Ioniens (pistes fournies par Gérard Naddaf). Nous verrons alors que les commentaires médiévaux sont tombés dans une pétition de principe théologique, en prenant pour acquis que le temps était objectif et universel dès le chapitre 10. A rebours de ces commentaires, nous montrerons au contraire que ce plus beau passage de la philosophie occidentale est une démonstration qui  prend la substance elle-même comme forme de démonstration, afin de faire émerger, pour la première fois de l'histoire de la pensée, une définition rationnelle du CONCEPT de temps.  



TOME 1 :
Comme tout premier élément d'une série, notre premier tome a été voué  au destin de la néantisation. Quelques citations, quelques remarques, mais rien qui vaille la peine d'en faire mention ici.  Il me reste 80 exemplaires sur 200 que je pense écouler lors de la sortie du deuxième tome. Je remercie tout de même M. Nardelli pour ses compliments.


TOME 2 :
Avec un doublement du C.A de nos locations de bateaux, en 2010, cet hiver s'annonce studieux. En effet, j'ai de quoi me mettre au vert durant 6 mois. Cest à Nice que je finaliserai  le Tome 2.  Les fondamentaux historico-sociologiques ayant été posés avec le Tome 1, le Tome 2  abordera les fondamentaux théoriques.

Nous n'exposerons finalement notre thèse sur le temps que lors du troisième tome.

-   TITRE  TOME 2 : DYNAMIS DES ETRES INANIMES (DE l'EXISTENCE)
- TITRE TOME 3 : ENTELECHIE DE L'ETRE ANIME & DES HUMAINES CONDITIONS

Note : On remarquera donc que si l'existence du temps sera attribuée à tous les êtres,  l'Etre du temps ne pourra être étudié qu'en se penchant sur les êtres animés. Les êtres animés sont comme des paons qui en surinsvertissant l'existence n'en dévoilent pas moins la nature de l'Etre de ce dernier (c'est du reste la raison pour laquelle le comique précède toujours le tragique et que la figure de VILLEGAGNON balise historiquement le passage de l'histoire européenne dans le non-être, c.a.d le faux d'un point de vue théologique).  R.L.